Après trois jours de nettoyage sous l’égide de la Région et la gouverne des fédérations de chasseurs, la nature est désormais propre. En tous cas, la voici - temporairement n’en doutons pas - débarrassée des canettes, bouteilles, flacons d’incontinence et autres déchets : à ce sujet le catalogue est bien garni.

Cette opération était-elle une opération façade ou un nettoyage sanitaire ? Je veux dire : l’a-t-on fait pour des raisons purement esthétiques ou pour améliorer réellement la qualité sanitaire de nos bas-côtés ? Y-aurait-t-il un risque important pour la biodiversité à laisser tous ces cadavres le long de nos routes ? A voir ! Ce n’est pas trop valorisant, admettons-le, d’afficher aux yeux de tous les détritus de certains, et cela nuit gravement à notre santé et surtout à l’image de notre Région, de réputation déjà bien noircie.

Fidèle à ses missions d’éducation citoyenne et populaire, le CPIE Villes de l’Artois, pour répondre à la commande, a fait le choix d’une action aussi pédagogique que ludique : une promenade-découverte en campagne, au départ et avec le partenariat de Cité Nature pour l'opération "Hauts-de-France propres, ensemble nettoyons notre région !". L'objectif de cette 2ème édition : rendre encore plus belle notre région pour l'intérêt de tous et des générations futures ! Le CPIE Villes de l'Artois s'est associé à la Communauté Urbaine d'Arras, son plus fidèle partenaire, et a proposé, au cours d'une balade et d'animations de sensibilisation, une découverte de l'impact des déchets sur la faune et la flore. 

La gestion différenciée, le fauchage tardif et l’abandon du désherbage chimique sont désormais admis par le plus grand nombre et c’est tant mieux. Mais, effet pervers d’une végétation plus luxuriante et plus abondante, les déchets en tous genres y sont mieux cachés ! On pourrait s’en réjouir mais la saleté sournoise reste présente. Et quand les épareuses ou débroussailleuses font leur travail, elles « machuquent » désormais un mélange de canettes, boites de soda, bidons et autres emballages peu ragoûtants en une dangereuse bouillie particulièrement agressive pour l’usager des bas-côtés.

Dernière remarque, à destination de la SANEF : il est frappant de constater que nos autoroutes de Compiègne à Dunkerque ont – eux aussi – besoin d’un bon nettoyage, tant le broyage de déchets, avec la technique perverse que je viens de mentionner, semble être pratique courante en Hauts de France. Au prix du péage, franchement, c’est dommage ! 

Moralité : s’il vous plaît, pas de fauchage sans ramassage préalable. Question de bon sens.

Philippe DRUON, Président du CPIE Villes de l'Artois