Chers lecteurs : je vous adresse tous mes vœux de bonheur et de santé pour cette année nouvelle. En même temps que j’écris cette phrase, je constate le caractère dérisoire, vain et prétentieux des mots qui la composent.

On peut souhaiter beaucoup de bonnes choses à quelqu’un mais… est-ce raisonnable et efficace ?

On peut souhaiter à quelqu’un qui recherche du travail d’en retrouver : mais bon…

On peut souhaiter à quelqu’un qui est malade de retrouver une bonne santé mais, à moins d’être docteur, cela sert-il à quelque chose ?

On peut souhaiter la prospérité à ses amis… mais est-ce aussi souhaitable ? Ne faudrait-il mieux pas souhaiter à tous l’équité et le partage, plutôt que la prospérité à certains…

Vous l’avez compris, prononcer des vœux n’est pas pour moi chose facile et spontanée. Je souhaite bien sûr beaucoup de bonheur à tout le monde.

Que dit le Larousse ? Le vœu : est une promesse faite à la divinité pour obtenir sa faveur ou en remerciement d'une prière exaucée. Vif souhait, vif désir de voir se réaliser quelque chose. Souhait particulier, fait dans certaines occasions, liées à une tradition, une coutume, des superstitions.

Ces définitions renvoient à des divinités, des traditions ou des superstitions. Cela pourrait expliquer que l’on parle souvent de vœu pieu ! Pour moi le vœu pieu, c’est rêver d’aller au lit !

Prononcer des vœux, c’est l’occasion de regarder l’avenir, en l’enjolivant pour y trouver des solutions : ainsi si je formule le vœu que personne ne couche plus dehors, que l’on trouve une solution pour les migrants, que les personnes en difficulté trouvent une solution à leur problème… avouons que c’est quand même un peu dérisoire… On le voit bien : les phrases globales n’ont de sens que si elles s’appuient sur une action et un engagement personnel.

Alors oui : je peux dire que je vous souhaite, je nous souhaite, un engagement actif dans la société pour le bonheur de tous et non la prospérité de quelques uns.

Je vous souhaite enfin, de tout cœur, comme le disait si bien Jacques Brel, « des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d’en réaliser quelques-uns » !

 

Philippe DRUON, Président du CPIE Villes de l'Artois