Alors que l’agriculture traditionnelle est en pleine crise, plus de 21 fermes bio se créent chaque jour. Le nombre d’agriculteurs bio, qui était de 28 725 fin 2015, était, à la fin juin 2016, de 31 880, soit 10 % de plus. Et c’est l’élevage bovin bio qui connaît la croissance la plus forte. Ces chiffres ont été publiés par l’agence Bio et publiés dans le "20 minutes" du 22 septembre.

Mouans-Sartoux, commune de 10 000 habitants dans les Alpes-Maritimes, a fait le choix du tout bio pour sa cantine municipale. Elle a embauché un jardinier municipal qui cultive 4 ha de propriété de la commune. Des repas bio sont servis tous les jours aux élèves des écoles primaires. Les serres sont l’occasion de visites des élèves pour des cours de botanique appliqués. Ils ont aussi la preuve qu’il n’est pas besoin d’acheter des légumes cultivés à 1 000 kilomètres. Enfin, ils plantent eux même certains légumes, et mettent ainsi la main à la pâte. Résultat : les déchets alimentaires, véritable gâchis dans notre société occidentale, ont quasiment disparu, les enfants faisant le lien entre production et consommation. 99 % de la population se dit satisfaite, et le coût des repas a même pu baisser.

Quelle est la morale de cette histoire ? Tout est parti de la volonté municipale de protéger les enfants des pesticides. Ensuite la volonté de pratiquer le circuit court alimentaire. Enfin, la compréhension de l’ineptie que représente le gâchis alimentaire dans une planète où un milliard d’humains ne mangent pas à leur faim. Ce que l’on peut signaler aussi c’est l’interventionnisme de la commune qui a su acheter les terrains nécessaires à l’agriculture, embaucher un jardinier et rendre l’agriculture locale pédagogique.

 J’ajouterai enfin que beaucoup de personnes viennent visiter la commune pour toucher du doigt cette expérience. Au bénéfice global, on peut donc ajouter les produits liés au tourisme. Ce qui s’appelle une opération gagnant-gagnant.

 

Philippe Druon

Président du CPIE Villes de l'Artois